Beaucoup, en entendant « karaté », n'imaginent que la répétition de formes fixes. L'entraînement que transmet Yoshinkan Honke est différent : il honore profondément le kata, mais ne s'y arrête pas. Expliquons pourquoi.
Le kata est le réceptacle.
Le kata n'est pas un simple ordre de mouvements. C'est le réceptacle par lequel se transmettent à la génération suivante l'usage du corps, le souffle, la distance (ma-ai), la place du cœur et la manière d'affronter le danger. Poli au fil du temps pour être transmis sûrement et méthodiquement, il porte, sous forme condensée, une sagesse profonde.
Mais si l'on ne fait que répéter le kata en perdant la tension de la rencontre réelle, la voie martiale s'amincit. On apprendra les mouvements ; mais pourquoi cette distance, pourquoi ce souffle — cela ne s'installera jamais dans le corps.
Le combat réel insuffle la vie au kata.
C'est pourquoi l'entraînement face à un adversaire réel importe. Par l'affrontement et la pratique orientée vers le combat, on apprend la distance, la réponse, la peur, la douleur, le courage et l'instant du jugement. À la source de Yoshinkan Honke, il y a l'histoire de ceux qui ont réellement échangé des coups sur le ring. Le kata est le cristal où se replie la sagesse de ce combat réel.
Si le kata perd la tension réelle, la voie s'affaiblit. Si la victoire devient l'unique but, la profondeur du budo se perd. Ce qu'il faut, c'est l'équilibre des deux.
Non pour combattre — mais pour se retenir de combattre.
Cela dit, si vaincre devient l'unique but, la profondeur du budo comme « voie » se perd. Ce que vise Yoshinkan Honke, c'est l'équilibre des deux roues : le kata nourrit la racine ; le combat réel étend les branches.
La vraie force n'est pas seulement le pouvoir de vaincre autrui. Elle comprend le pouvoir de contenir la colère, de tenir parole, de protéger le faible, et le cœur qui n'abuse pas de la force. Polir la technique en vue du combat, et parvenir pourtant à la maîtrise de soi qui rend le combat inutile — voilà le karaté comme budo.
